À Kalemie, dans la province du Tanganyika, l’UNESCO et la Fédération des radios de proximité du Congo (FRPC) ont lancé, le mardi 13 octobre 2026, une formation destinée aux journalistes des radios communautaires sur la communication des risques environnementaux et le journalisme responsable. L’objectif est de renforcer la fiabilité de l’information face aux catastrophes naturelles.
Après Kinshasa, la ville de Kalemie accueille à son tour ce même type d' atelier visant le renforcement des capacités des journalistes des radios communautaires. Organisée par l’UNESCO , siège de la République démocratique du Congo, en collaboration avec la FRPC, cette formation de trois jours porte sur la communication des risques environnementaux et le journalisme responsable en situation de crise.
Le président du conseil d’administration de la FRPC, Modeste Shabani Bin Sueni, a souligné l’importance de ce partenariat pour améliorer les pratiques journalistiques face aux situations d’urgence.
« Cette formation permettra aux journalistes de comprendre comment vérifier une information en situation de crise, comment lutter contre la rumeur et la désinformation, comment contribuer efficacement à la chaîne d’alerte, comment protéger les journalistes et les infrastructures des radios et comment collecter et traiter avec professionnalisme et diffuser en toute responsabilité une information fiable et vérifiée pour sauver des vies », a-t-il déclaré.
Pour lui, la proximité des radios communautaires avec les populations constitue un atout majeur. Leur connaissance des langues locales, des réalités sociales et des vulnérabilités des communautés leur confère toutefois une responsabilité particulière dans la diffusion d’informations fiables.
À Kalemie, les inondations rappellent l’urgence d’une information fiable.
La chargée de communication de l’UNESCO en RDC, Claudine Ndaya, a rappelé que le pays fait face à des risques de catastrophes naturelles et anthropiques de plus en plus complexes. Les inondations, les érosions, les épidémies et les effets du changement climatique affectent régulièrement les communautés, fragilisent les populations vulnérables et perturbent leurs moyens de subsistance.
Les inondations, dans cette province connues comme récurrentes sont notamment aggravées par la montée des eaux du lac Tanganyika et de la rivière Luguka, ainsi que par les crues soudaines lors des fortes pluies saisonnières, illustrant cette exposition aux risques.

Le ministre provincial de la Communication du Tanganyika, Mulapi Fungwe Raphay, s’est également réjoui de cette initiative. Il a expliqué que la situation géographique de Kalemie contribue à sa vulnérabilité aux dérèglements climatiques affectant le bassin du lac Tanganyika, partagé entre la RDC, la Tanzanie, la Zambie et le Burundi.
Selon lui, “la rivière Lukuga constitue le point de sortie des eaux du lac vers l’extérieur, ce qui contribue à expliquer les difficultés auxquelles la ville est confrontée”.
Ainsi, dans le contexte singulier de la Province du Tanganyika, et au regarde des épisodes antérieures, la formation vise à renforcer les capacités des radioteurs en vue d' améliorer la vérification des informations, la lutte contre la désinformation et la diffusion de messages utiles aux populations en période de crise. Pour les radios communautaires, l’enjeu est de contribuer à l’alerte précoce, de limiter la panique et de renforcer la confiance entre les citoyens et les autorités.
Jacques Furahisha et Olivier Masini

